Autoportrait à l’atelier, 2018. Self-portrait in the studio, 2018

Autoportrait à l’atelier, 2018. Self-portrait in the studio, 2018

à propos

( English will follow... )

Anne-Marie Giroux vit et travaille à Montréal. Détentrice d'un baccalauréat en beaux-arts de l'université Concordia et récipiendaire de plusieurs bourses (Conseil des arts du Canada, Conseil des arts et des lettres du Québec, Office National du Film du Canada, Prim centre d'arts médiatiques), Anne-Marie Giroux est une artiste multidisciplinaire qui a travaillé une douzaine d'années en danse contemporaine, sculpture, film et vidéo d'art avant d'axer sa pratique sur les arts visuels. 

Elle s'intéresse d'abord à l'expression poétique, qui, en amont du travail pictural ou sculptural, permet de jeter les bases aux explorations formelles. Au coeur de sa recherche, le « corps-matière », qu'elle définit à travers la relation entre corps, matériau, objet, être ou état d'être et mouvement. 

À titre de chorégraphe-interprète-cinéaste-vidéaste, elle a d'abord coréalisé avec Sylvain Delisle, Roland Goguen et Marlene Millar, la vidéo d'art LE TOIT. Diffusée à Montréal, en France, en Belgique et en Espagne, la vidéo s'est méritée une Mention Spéciale du Jury au Festival International Cidade de Vigo en Espagne en 1993. En 1995, elle signe, présente et interprète sur scène le solo PASSAGE, une oeuvre intégrant la danse, la sculpture et le film. Suivra ensuite le duo MODULUS 5 (1997) créé en étroite collaboration avec le peintre et sculpteur Jérôme Poirier et enfin AUBE ET CRÉPUSCULE, une oeuvre intégrant la danse, la sculpture et le son, interprétée par les danseurs Rachel Harris, Robert Meilleur et Maya Ostrofsky et qui a été présentée en première au Studio de l'Agora de la Danse en novembre 2001.

En 2008, suite à un séjour effectué en Chine dans la ville de Kaifeng, l'artiste crée deux séries de peintures intitulées ROUGE (2008-2009-2010) et KAIFENG, CHINA (2010). Sans toutefois suivre une thématique précise pour les deux séries, elle oriente sa recherche vers l’exploration des multiples interprétations que peut lui inspirer un même sujet. 

En 2011, elle entreprend les projets SI UN ARBRE J’ÉTAIS et FORÊT MORTE. Grandement inspirée par la forêt abitibienne (nord du Québec), elle propose des œuvres en deux et trois dimensions élaborées à partir de médiums traditionnels ainsi qu'à partir de matériaux issus de la récupération. Avec la première série SI UN ARBRE J'ÉTAIS, elle fusionne le corps et cette matière qu’est le bois dans une abstraction qui évoque plus un état d’être qu’une représentation figurative. Elle semble isoler un fragment du corps en mouvement qui se délaisse de son esthétique habituelle pour arborer des allures végétales. Tels des autoportraits, l’être et l’élément de la nature ne font qu’un. Dans la seconde série, l’artiste propose une série de natures mortes, composée de sylves peintes, de vestiges de la forêt abitibienne et de d’objets trouvés dans la rue. FORÊT MORTE évoque davantage l’idée de la potentielle vulnérabilité de la forêt : comme une énorme présence qui pourrait toutefois un jour se fragiliser, voire complètement disparaître. La série SI UN ARBRE J'ÉTAIS peut référer à la fois à un état passé ou présent du corps tandis que la série  FORÊT MORTE tend vers ce qui a déjà vécu, ce qui a déjà existé.

Depuis 2014, elle travaille sur deux projets intitulés DÉRIVE et À LA DÉRIVE. Ces deux projets sont présentement en processus de création. Avec le première série DÉRIVE, l’artiste cherche à évoquer un univers chaotique où la dérive de l'être humain s'exprime de façon abstraite, poétique et symbolique. À travers un concept évolutif, elle fusionne le corps et la matière dans une poésie abstraite, où le jeu des couleurs vives et joyeuses entre en contraste avec le regard critique sur la dérive humaine qui se dévoile progressivement à travers le processus créatif. Ici, corps et matière sont étroitement liés dans un engrenage auquel ni l'un, ni l'autre, ne peut s'en dégager. La seconde série À LA DÉRIVE, qui a pris forme en 2017, propose un questionnement moqueur sur la pertinence d’être artiste. Avec une touche d'humour, de poésie et de sarcasme, l'artiste s'amuse avec certains thèmes, références, sujets et objets qui la côtoient dans son atelier et qui font partie intégrante de son processus créatif au quotidien. La série DÉRIVE peut suggérer une perte de contrôle, un dérapage, une déviation tandis que la seconde série À LA DÉRIVE tend vers une volonté de se laisser conduire là où le mouvement conduira.

Son travail est présenté à New York, Détroit, Montréal, Miami et Toronto. Ses oeuvres font partie de collections publiques et privées notamment au MONA, Museum of New Art à Détroit.

 

ABOUT...

Anne-Marie Giroux is a Montreal-based multidisciplinary artist. Her practice focuses on the visual arts, although previously she worked primarily in the intersection of contemporary dance, sculpture, film, and art video. She earned her BFA from Concordia University and is a provincially and nationally awarded artist. Although she is now immersed in a different form of expression, certain central concerns remain constant. Giroux is interested in poetic expression that, beyond the specifics of pictorial or sculptural work, allows her to lay the groundwork for formal explorations. At the heart of her artistic research is her engagement in the relationship between - body, material, object, being or states of being and movement - what she calls “body matter”.

As a choreographer - performer - film director and videographer, she has first co-directed, with Sylvain Delisle, Roland Goguen and Marlene Millar, the art video LE TOIT. Broadcasted in Montréal, France, Belgium and Spain, the art video was awarded a Special Jury Mention at the Festival International Cidade de Vigo in Spain in 1993. In 1995, she created and performed on stage the solo work PASSAGE, a work combining dance, sculpture and film. In 1997, she cocreated the work MODULUS 5 in close collaboration with visual artist painter and sculptor Jérôme Poirier. Combining dance and sculpture, the work was performed on stage by both artists. In 1999 she began to create AUBE ET CRÉPUSCULE, a work combining dance, sculpture and sound. Performed by dancers Rachel Harris, Robert Meilleur and Maya Ostrofsky, AUBE ET CRÉPUSCULE was premiered in Montreal at Studio de l'Agora de la Danse in November 2001.

In 2008, following a trip in China in the city of Kaifeng, she created two series of paintings entitled ROUGE ( Red ) (2008-2009-2010) and KAIFENG, CHINA (2010). Without following a specific theme for those works, she oriented her research through the exploration of the multiple interpretations inspired by the same subject.

In 2011, Giroux undertook the projects SI UN ARBRE J’ÉTAIS ( If I were a tree ) and FORÊT MORTE ( Still Forest ). Greatly inspired by the Abitibi forest in northern Québec, she created works in two and three dimensions developed from traditional mediums, as well as from recycled materials. With the first series, SI UN ARBRE J’ÉTAIS, she merges the body and wood material in an abstraction that evokes more of a state of being than a figurative representation. She seems to isolate a fragment of the body in movement that abandons its usual aesthetic to take on the appearance of something plant-like. In these self-portraits, the being and the natural element become one. In the second series, the artist presents a series of still life, composed of painted forests, remnants of the Abitibi woods and objects found on the street. FORÊT MORTE evokes more the idea of the potential vulnerability of the forest: a powerful presence that could someday be weakened or completely disappear. The series SI UN ARBRE J'ÉTAIS ( If I were a tree ) can refer both to a past or present state of the body while the series FORÊT MORTE ( Still Forest ) tends toward what has already lived, already existed.

Since 2014, the artist is working on two projects entitled DÉRIVE ( Drift ) and À LA DÉRIVE ( Drifting ). Those two projects are currently a work in progress. With the first series DÉRIVE, the artist seeks to evoke a chaotic universe where the drift of the human being is expressed in an abstract, poetic and symbolic way. Through an evolving concept, she merges the body and matter in an abstract and symbolic poetry, where the play of bright and cheerful colors comes in contrast with the critical view of the human drift gradually revealed through the creative process. Here, body and matter are interrelated in a gear which neither one nor the other, can not disengage. The second series À LA DÉRIVE began in 2017. Combining humor, poetry and sarcasm, the artist explores themes, references, subjects or objects that resonate with her in the studio and that are integral part of her daily creative process. The series DÉRIVE ( Drift ) may suggest a loss of control, a skid, a deviation while the series À LA DÉRIVE ( Drifting ) tends towards a willingness to be led where the movement will lead.

Giroux has exhibited in the cities of New York, Detroit, Montreal, Miami and Toronto. She has work in public and private collections, notably at MONA Museum of New Art in Detroit.